Cela fait vingt quatre ans que je suis sourd, je n'ai jamais entendu dire qu'il existait un handicap de la parole qui touchât les normo entendants. Il semblerait donc que les seuls sourds soient des handicapés de l'expression orale.

   En tant qu'handicapé, sourd et en aréflexie majeure, j'ai fréquenté bien des thérapeutes; bien souvent, on met en avant les bavures médicales ou d'autres sujets à récrimination. Mais quand je jette un petit coup d'œil sur mon passé, j'y trouve bien plus de sujets de satisfactions que de reproches.

Le CISIC, c'est une ambiance créée par une bande de copains dont la plupart portent une ou deux boucles d'oreilles pas très discrètes, mais d'une rare efficacité. Cette ambiance donne envie de se dépasser, sans que, pour cela il soit utile de dépasser l'autre; on donnerait plutôt dans la solidarité.

Aujourd’hui, le CISIC s’est beaucoup agrandi de malentendants accompagnés de leurs entendants.

C’est grâce au CISIC, en me proposant d’établir mon témoignage : « Christian implanté en 1993 avec un boîtier et le contour en janvier 2009 », que j’ai cherché par la suite, à en lire d’autres, et espéré trouver quelqu’un qui avait subi le même genre de souffrances vestibulaires, implanté, réimplanté, d’abord la même année en 1993.

Madame Bibi Aïe-Ouille-Ouille a cherché son oreille dans l’armoire, sous son oreiller, dans la baignoire, sous l’évier : rien.

De la cave au grenier, elle n’a rien trouvé !

Suite a mon accident, après deux ans de mal entendance qui s’aggravait de jour en jour,j’ai fini par ne plus rien recevoir. J’ai alors décidé de me faire implanter car je n’acceptais pas ce silence total quoique tonitruant. Les gens normaux s’imaginent sans doute que la surdité n’est pas bruyante, que le silence est total : ce serait peut-être trop beau mais je n’en suis pas sûr. Car nous sommes fondamentalement attachés à notre environnement sonore, il nous accompagne, nous enveloppe et nous rassure…

Commerce is commerce : a romantic exchange of properties and commodities. Je me souviens avoir lu cette phrase lorsque j’étais en études secondaires: il y a disons cinquante cinq ans !