Pour pouvoir écouter la musique en stéréo il existe une solution. Ceci est valable pour les implantés bi-latéraux mais également pour les personnes ayant un implant + un ACA.

Petite astuce pour ceux qui on une boucle magnétique Field et qui voyage.

Un petit truc que je crois avoir découvert ; mais peut-être est il déjà connu de certains.

Je suis implanté à gauche, mais l’implant est situé derrière le pavillon, de telle sorte que le contour, placé à gauche me fait mal si je le porte trop longtemps de ce côté-là. Pour remédier à cela, j’utilise un câble de 28 cm, et je mets le contour à droite.

Une simple pochette de jeu de carte :

frederique_pochette.jpg

Grâce à l’implant cochléaire, il est possible de découvrir la musique, voir la redécouvrir lorsque celle-ci a jadis fait partie de notre jeunesse et surtout l’apprécier.  Mais, pour parvenir à cette satisfaction ce ne sera pas si simple que cela. Les débuts d’écoute ressemblent, la plupart du temps, à une cacophonie indescriptible, un boucan indéfinissable d’où il est parfois même impossible de savoir si on y chante, voire même impossible de faire la différence entre une voix d’homme et de femme.

Porteur d’un implant cochléaire Cochlear Nucleus 5 Processeur CP810 Commande à distance CR110

Devenu sourd en 2004 suite à une méningite et implanté la même année (Nucleus Esprit 3G, porté jusqu’en 2011). J’ai toujours dû suivre les programmes TV par soustitrage : journal info, documentaires, films, divertissement ; parfois aussi avec un casque pour les matches de foot, pour ne pas être privé d’une partie du terrain de jeu par les phrases de texte sur l’écran. Le sous-titrage en direct apparaît souvent avec un décalage (et sur certaines chaînes (BBC) le texte est projeté mot par mot) ce qui empêche de suivre correctement les images ; c’est fatiguant pour les yeux et on entend en même temps plus au moins les paroles, la musique et le bruit de fond, ce qui fatigue également. Ce n’est pas une façon agréable pour regarder la télé, mais comment faire autrement quand on est malentendant ?

Rééducation orthophonique et musique

Emilie Ernst

Orthophoniste, Docteur en psychologie cognitive, Paris

CISIC, FIAP, samedi 13 octobre 2012

 

« A première vue, la musique paraît ne servir à rien. On devrait pouvoir s’en passer, comme on peut se passer de faire du sport, et continuer à vivre confortablement.[1]». Il suffit de voir la souffrance de ceux qui ne peuvent plus écouter de la musique du fait de la perte de l’ouïe pour affirmer que la musique est en réalité un élément fondamental de notre vie, dans la mesure où il s’agit de la dimension plaisir de l’audition.

Un nouvel axe de rééducation orthophonique

Une étude publiée par le BUCODES[2] en 2012 montre que 1/3 des 290 personnes interrogées écoutent de la musique tous les jours ou plusieurs fois par semaine, malgré leur déficience auditive. L’orthophoniste qui prend en charge des adultes devenus sourds ou malentendants, qu’ils soient porteurs d’implants cochléaires ou d’aides auditives conventionnelles, inclut donc logiquement l’écoute de la musique à la rééducation auditive.

Du fait de l’élargissement des indications d’implant cochléaire et de l’amélioration de leur technologie, il n’est désormais plus rare de travailler en rééducation des situations d’écoute « difficiles », telles que l’écoute en milieu bruyant, l’écoute de voix enregistrées, l’écoute au téléphone ou la perception de la musique. Or, écouter de la musique ou écouter de la parole suppose des stratégies de traitement du signal auditif très différentes. Logiquement, les constructeurs de prothèses auditives ou d’implant cochléaire mettent l’accent d’abord sur la compréhension de la parole. La perception de la musique est donc un défi à relever, qui va particulièrement intéresser l’orthophoniste. En effet, l’objectif de sa rééducation est de réveiller les zones cérébrales impliquées dans la perception du son et qui se sont « endormies » avec la survenue de la surdité, ainsi que de renforcer les connexions entre ces zones. Or la musique permet de solliciter une multitude d’aires cérébrales.

La musique active de nombreuses aires du cerveau

Suivant tout un parcours dans le système auditif, la musique pénètre dans le cortex auditif, d’où elle résonne dans quasiment tout le cerveau. Inutile en effet de vouloir y trouver un centre bien localisé chargé d’interpréter la musique. Les deux hémisphères sont mis à contribution, même s’ils jouent des rôles différents : le gauche prend en charge le rythme, le droit s’occupant de la mélodie et de l’harmonie. Les différents cortex auditifs interprètent aussi chacun leur partition : le cortex primaire identifie les éléments fondamentaux de la musique comme la hauteur du son ou le volume ; le secondaire se consacre à l’harmonie, à la mélodie et au rythme ; puis le tertiaire intègre toutes ces informations pour fournir une perception globale du morceau. S’il y a une voix dans le morceau de musique, le Sillon Temporal Supérieur de l’hémisphère droit est activé, car c’est une partie du cortex qui réagit spécifiquement à la voix humaine. S’il y a de la parole, les aires du langage dans l’hémisphère gauche sont mises en jeu. Il faut y ajouter des aires motrices qui interviennent notamment lorsque l’on joue d’un instrument ou que l’on chante. Si la musique est connue, le lobe temporal chargé de la mémoire auditive s’active. Les deux hippocampes s’activent également lorsqu’on entend un air familier car elles sont chargées de l’analyse fine de l’harmonie. Les deux amygdales, responsables de la mémoire émotionnelle, peuvent aussi s’activer, tout comme le cortex orbitofrontal. Enfin, les circuits rythmiques du cervelet interviennent lorsque l’on bat la mesure, avec le pied ou dans sa tête.

Il y a musique et musique

Mais, de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de musique ? De quel style de musique (symphonique, de chambre, jazz, rock, pop, techno, country…) ? De quel paramètre de la musique (rythme, mélodie, paroles…) ? De quelles conditions d’écoute (concert, chaine hifi, lecteur MP3 dans le métro….) ? Quel est le but de l’écoute (distinguer deux notes pour pouvoir les reproduire, danser, faire passer le temps en voiture…) ? Il est important de définir ces critères, afin d’avoir des objectifs réalistes dans la rééducation musicale.

De bonnes conditions d’écoute

Pour que l’audition de la musique avec un implant ou une prothèse auditive se passe bien, il convient de se placer dans les bonnes conditions d’écoute : matériel de bonne qualité, conditions calmes d’écoute et surtout objectifs d’écoute raisonnables. Certains accessoires peuvent améliorer la qualité d’écoute : casque, câbles permettant une connexion directe avec la source sonore, boucle magnétique, récepteurs FM.

Deux axes de rééducation musicale

Deux grands axes vont présider à ce type de rééducation orthophonique :

Le premier consiste à écouter des morceaux de musique ou des chansons connues avant la survenue de la surdité. Il s’agit alors de faire correspondre ce qui est entendu avec ce qui est en mémoire auditive. La mémoire compensera les « blancs » qui peuvent subsister dans l’écoute.

Le second axe vise la création de nouvelles références musicales. C’est d’ailleurs ce que font les personnes malentendantes de naissance qui n’ont pas pu se constituer de répertoire musical. Toute une progression peut alors être suivie[3] :

-          Percevoir le rythme, qui est une composante toujours bien codée par un implant ou par une prothèse auditive. Par ailleurs, le rythme est important dans la compréhension de la parole afin d’identifier le nombre de syllabes d’un mot ou le nombre de mots d’une phrase.

-          Ressentir l’ambiance créée par la musique, sa tonalité émotionnelle. Il s’agit là encore d’une composante basique de la musique. Même un cerveau accidenté qui ne parvient plus à reconnaître un air, continue à en percevoir la tonalité émotionnelle. Céline, alors qu’il écoutait l’Adagio d’Albinoni après son accident cérébral, a eu dit-on cette réaction: «Je ne connais pas cette musique, mais elle est tellement triste qu’elle me fait penser à l’Adagio d’Albinoni.» Les émotions provoquées par l’écoute de la musique ont un aspect universel. Ainsi, les professeurs de psychologie de l’Université de Genève, Scherer et Zentner ont demandé à des centaines de mélomanes de décrire les émotions qu’ils ressentaient lorsqu’ils écoutaient leur répertoire favori. Ils ont répertorié neuf émotions : l’émerveillement, la puissance, la nostalgie, la transcendance, le calme, la joie, la tendresse, la tristesse et l’agitation. Poursuivant dans ce registre, Trost, de la même équipe, a fait écouter à quinze non-musiciens de courts extraits classiques et elle les a questionnés sur ce qu’ils avaient éprouvé. En observant aussi leurs cerveaux avec l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IMRf), elle a confirmé que, selon leur nature, et plus encore, selon leur intensité et le niveau d’excitation qu’elles provoquaient, les émotions n’animaient pas les mêmes zones cérébrales. Les différences peuvent même être assez fines puisque, selon qu’il venait de l’écoute d’une musique entraînante ou tendre, le plaisir activait des aires différentes. Par ailleurs, Fritz[4] a montré le côté universel de ces émotions avec les Mafas, ethnie du Cameroun, qui reconnaissent les émotions de musiques occidentales (triste, gaie, inquiétante).

-          Reconnaître un instrument ou une famille d’instruments. La perception de la musique repose sur deux procédés : la fusion qui permet de percevoir une seule musique issue de plusieurs instruments et la fission qui permet d’isoler les différents composants d’une seule musique. C’est l’intérêt de se rendre au concert où la vue permet d’isoler le son produit par l’un ou l’autre instrument. Chaque instrument ayant une plage de fréquences établie, c’est à chacun de voir quel instrument est mieux perçu que l’autre.

-          Reconnaître une mélodie. C’est sans conteste le plus difficile avec un implant ou une prothèse auditive. Il ne faut pas hésiter à répéter encore et encore le morceau pour en améliorer la reconnaissance.

-          Reconnaître une voix. S’agit-il d’un homme, d’une femme, d’un enfant, de plusieurs voix ? Il faut savoir que les normo-entendants se laissent parfois piéger par des hommes à la voix aiguë et des femmes à la voix grave… Le chant est-il en français ou pas ?

-          Identifier les paroles. Cette étape est complexe dans la mesure où elle s’apparente à l’audition dans le bruit d’une part et que la voix chantée ne respecte pas la durée des voyelles et des consonnes ni la prosodie de la voix parlée, d’autre part. Par ailleurs, les paroles peuvent être « noyées » dans la musique qui domine. Il ne faut pas oublier que les normo-entendants ne comprennent bien souvent pas l’intégralité des paroles et se limitent au refrain. Il ne faut donc pas hésiter à écouter la musique en ayant les paroles sous les yeux.

Pour aller plus loin…

Certaines personnes n’hésitent pas à compléter ce travail mené avec l’orthophoniste en prenant des cours de chant, des cours de solfège ou en apprenant à jouer d’un instrument.

D’autres ressortent leurs vieux disques ou reprennent l’habitude d’écouter la radio.

L’important, c’est de se lancer !

 



[1]Isabelle PERETZ, co-directrice du BRAMS , Laboratory for brain, music and sound research, Université de Montréal

[2] www.surdifrance.org

[3] On pourra se reporter à l’excellent support proposé par Géraldine Geffriaud et édité par Advanced Bionics, Musical Atmospheres

[4] Fritz et al. (2009). Universal recognition of three basic emotions in music, Current Biology, 19, p 573

CISIC – 13 octobre 2012 - Comment téléphoner avec un implant cochléaire ?
- Marion de BERGH - Amélie LIAGRE-CALLIES - Orthophonistes - Service du Pr STERKERS - Hôpital Beaujon


Comment téléphoner avec un implant cochléaire ?

- Aujourd'hui, les moyens de communication sont multiples et le téléphone fait partie de ceux qui sont devenus incontournables (contacts familiaux, sociaux, professionnels).
- Ainsi, beaucoup d'adultes devenus sourds et candidats à l'implantation cochléaire se plaignent de la perte de leur capacité à téléphoner comme l'une des conséquences les plus contraignantes de leur handicap auditif.
- Les difficultés que beaucoup de patients implantés cochléaires éprouvent en utilisant le téléphone renforcent leur impression d'isolement, leur manque d'indépendance/autonomie et leur stress à l'idée de ne pas pouvoir demander de l'aide dans des situations d'urgence.
- Pouvoir réutiliser le téléphone fait donc souvent partie des attentes principales des patients avant l'implantation. Le téléphone est par conséquent un sujet qui sera abordé à un moment ou à un autre de la prise en charge orthophonique post-implantation.


Difficultés spécifiques au téléphone…

-Au téléphone, les adultes implantés cochléaires sont confrontés aux problèmes liés au signal acoustique (pas de perception binaurale, pas de lecture labiale, ni gestes, ni mimiques...) mais aussi à différents facteurs qui peuvent réduire la compréhension de la conversation.


- Par ailleurs, la facilité de l'échange téléphonique est influencée par la qualité du signal (bande passante de fréquences réduite)


- Ces gênes peuvent provenir de l'équipement (échos, mauvaise réception du réseau, matériel de mauvaise qualité…) ou de l'environnement de l'auditeur implanté (le bruit ambiant : rue, transports en commun, restaurants... n'est pas forcément contrôlables lorsque la personne implantée reçoit un appel sur son téléphone portable)


- Pour la majorité des patients implantés, la facilité d'une conversation téléphonique dépend généralement du degré de familiarité de l'interlocuteur (proche à la voix familière vs la voix inconnue d’un prospecteur téléphonique) mais aussi de la qualité de la parole de l'interlocuteur (rythme d'énonciation, niveau de la voix, présence d'un accent...) et du degré de familiarité du sujet de conversation (appel passé pour une prise de rdv vs appel reçu à l’improviste).


… mais des aides existent = les accessoires

- Dispositifs d’aide à l’écoute fonctionnant par amplification
Principe = le téléphone est amplifié ce qui permet une augmentation du volume d’écoute (à utiliser avec ou sans le haut-parleur)
Exemple : téléphone fixe avec un gain de +40 dB


- Dispositifs d’aide à l’écoute fonctionnant par boucle magnétique
Principe = la transmission est directe entre le téléphone et le processeur de l’implant ce qui permet de couper tout ou partie des bruits environnants (possibilité d’audio mixage à 30% pour l’extérieur - 70% pour la boucle, par exemple, ce qui permet d’entendre sa propre voix et un peu l’extérieur)
Exemples = téléphone fixe avec boucle magnétique intégrée (il suffit de mettre le processeur en position T ou de brancher l’accessoire adapté si la boucle magnétique n’est pas intégrée dans le processeur), téléphone portable avec boucle magnétique portée en tour du cou, téléphone sans fil avec boucle magnétique fonctionnant avec des oreillettes d’induction « kit piéton à induction »
(2 possibilités : le téléphone communique avec le tour du cou/les oreillettes d’induction par Bluetooth – pas de connectique - ou le téléphone est branché directement sur les oreillettes d’induction)


- Dispositifs d’aide à l’écoute fonctionnant par radio fréquences
Exemple : transmission entre un émetteur branché au téléphone et un récepteur fonctionnant en FM (sabot branché sur le processeur de l’implant).


=> Se renseigner auprès de l’IFIC, du CISIC ou d'un audioprothésiste pour faire des essais d’aides techniques adaptées au téléphone.


Le cas particulier des situations d’urgence ?

Si vous devez alerter les secours, pensez à préciser :
- que vous êtes malentendant
- votre localisation exacte
- les circonstances de l’accident (incendie, chute, vol, agression, inondation…)
- la présence, le nombre et l’état des victimes
- votre nom et vos coordonnées

 

Si vous ne vous sentez pas en mesure de téléphoner, il existe un numéro gratuit ouvert 24h/24 et
7 jours/7 à destination des personnes sourdes ou malentendantes : le 114


Comment ça marche ?
- En cas d’urgence, envoyer un sms ou un fax au 114 en donnant toutes les informations nécessaires aux secours.
- Le 114 reçoit le message et en accuse réception dans la minute qui suit.
- En cas d’absence d’accusé de réception au bout de 3 minutes, il faut renouveler l’opération.
- Le 114 se charge d’alerter les secours appropriés les plus proches.
=> Plus d’informations sur : www.handicap.gouv.fr/114


Conseils pour « débuter » au téléphone avec un implant cochléaire

- Faire des essais au téléphone dès que la compréhension de la parole avec l’implant est possible et efficace.
- Demander conseils et entraînements durant les séances de rééducation avec l’orthophoniste. (par exemple: on peut choisir avec son orthophoniste de consacrer 10 min à des exercices téléphoniques durant une dizaine de séances de rééducation)
- S’entraîner avec des proches sur des échanges d’informations simples avant d’envisager des conversations téléphoniques plus longues.
- Se renseigner auprès du régleur pour optimiser la position du combiné téléphonique par rapport au microphone du processeur (Placez le microphone du téléphone en face du/des microphones du processeur sans oublier de ne pas trop éloigner le micro du téléphone de votre bouche pour que votre interlocuteur puisse bien entendre vos réponses) ainsi que le programme de réglage le plus adapté.
- essayer différents types de postes ou téléphones portables avec lesquels vous pouvez obtenir une qualité d’écoute et des bénéfices différents.
- être vigilant à l'environnement sonore durant les appels téléphoniques.
- veiller à ne pas "subir" la conversation téléphonique et à donner les informations importantes à son interlocuteur (par exemple: prévenir son interlocuteur de ses difficultés auditives, demander à son interlocuteur la raison de son appel…)
- utiliser des formules permettant de rétablir le sens de la conversation quand elle est perturbée par un silence, un malentendu... (par exemple: demander à son interlocuteur de répéter/reformuler, utiliser des périphrases pour vérifier que la question comprise est bien celle posée…)
- penser à la reconnaissance du numéro afin de connaître l’identité de l’interlocuteur téléphonique avant de décrocher le combiné.
- penser à utiliser des codes alphabétiques (F de François, G de Gérard…) ou numériques (6 = deux fois trois), en particulier dans les cas de prises de messages (noms propres, n° de téléphone).
- définir un code téléphonique partagé avec les proches en cas de difficultés très importantes de compréhension au téléphone (par exemple: allonger les OUI et NON, élaborer une liste de réponses préétablies et numérotées…)


Quel bénéfice attendre au téléphone ?

- Si l’on se réfère aux études précédemment publiées ayant principalement utilisé des enquêtes avec des questionnaires, on constate qu’il y a un consensus ces dernières années pour des résultats entre 56 et 70% de patients implantés utilisateurs du téléphone.
- Ne pas négliger le recours aux textos, sms, mms, mails, fax… permettant le maintien d’une communication à distance.
- Porter le processeur régulièrement est le meilleur moyen d’optimiser ses chances de réussite au téléphone (les résultats avec la parole « naturelle » sont souvent « prédictifs » de la qualité de la compréhension au téléphone).
- Garder des attentes mesurées, faire des essais régulièrement au fur et à mesure des progrès réalisés avec l’implant (= être patient !).
- Ne jamais comparer ses performances à celles d’autres patients implantés tant les différences interpersonnelles sont nombreuses.
- A ne pas oublier : il arrive aussi aux personnes entendantes d’être en difficulté au téléphone (à cause de la qualité du signal, du bruit environnant, de la qualité de parole de son interlocuteur…) et de demander des répétitions !


Conclusion : téléphoner avec un implant cochléaire n’est pas une mission impossible, donnez-vous donc la chance de réussir en essayant !

 

IMPLANT COCHLAIRE ET MUSIQUE

basson

Bonjour à tout le monde, pour ceux qui ne me connaissent pas, Je m’appelle Marie-Pierre Goin et je suis implantée Medel depuis 2003 à droite et depuis 2011 à gauche.
J’ai profité des importantes modifications de prise en charge pour changer de centre d’implantation, Paris pour le premier et Clermont-Ferrand pour le second.
A ce titre cela me facilite bien les choses car je ne vais plus à Paris pour tous les réglages. Ils se font sur Clermont-Ferrand, par un Professeur, rien que ça !! Le Pr Paul Avan.
Je suis déléguée CISIC de la région Auvergne. J’ai commencé avec Catherine à établir ce magnifique réseau régional associatif, car il nous semblait indispensable que la province bénéficie également d’information comme la capitale.
Le fait que ma surdité soit très ancienne et remonte probablement à la naissance, a au moins eu l’avantage de m’éviter à avoir à faire le deuil de mon audition naturelle puisque de toute façon je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu normalement.
Avant toute chose j’aimerai préciser que ce que je vais vous dire ne concerne que mon histoire dans la surdité d’abord et avec l’implant cochléaire par la suite.
La musique un mot qui me faisait rêver car j’ai vécu mon enfance auprès de mon frère qui pratiquait la trompette quotidiennement.
Ma mère m’emmenait avec elle écouter des concerts. Je faisais cela pour lui faire plaisir, car je ne trouvais pas cela musical. J’avais une surdité qualifiée de sévère et surtout je ne percevais pas certaines fréquences.
Inutile de vous dire que dans cette situation, l’écoute de ces concerts s’avérait assez « cacophonique » puisque mes appareils auditifs aussi puissants soit-ils, ne pouvaient donc pas me permettre de les entendre.
L’implant cochléaire, lui, m’a permis de percevoir ces fréquences.
Etant donné que maintenant, avec ce que j’appelle « mon précieux » j’entends ces fréquences, l’écoute de la musique est devenu un plaisir dont je ne saurai me priver.
Ceux et celles qui me connaissent savent que je n’ai pas eu besoin d’une longue rééducation avec une orthophoniste. Mais cela ne veut pas dire que je n’ai pas travaillé mon écoute. J’ai bossé tous les jours, ce qui m’a fait progresser : la radio, la télévision, le cinéma, le téléphone et … La musique. L’écoute de la musique, puis la pratique de la musique.
L’écoute de la radio, pour un malentendant profond est un calvaire : impossible de distingué une phrase complète. Je ne savais pas si la conversation était en Français… J’ai écouté une certaine émission : « 2000 ans d’Histoire » qui abordait chaque jour un thème précis pendant 30 minutes. Au début je ne comprenais pas tout, j’avais certaines phrases… Puis, peu à peu j’ai progressé et j’ai fini par tout comprendre.
Puisque j’aimais la musique j’ai eu envie de la pratiquer. C’est un défi que je me suis posé à moi-même et non pas un défi pour faire mieux que l’implanté qui est à côté de moi ou dans cette salle. Puisque j’aimais la musique pourquoi ne pas essayer d’en faire. Puisque j’avais un conservatoire de musique à Vichy dans lequel mes enfants suivaient des cours, pourquoi ne pas essayer moi aussi ??? Cela me semblait un bon moyen de rééducation que de m’attaquer à la pureté du son lui-même. Tous les professeurs d’instruments et de formation musicale (= solfège) me connaissaient, je me suis donc inscrite en solfège. Comme je n’avais aucune notion de solfège je me suis dit que le mieux était d’apprendre à lire une partition avant de tenter de la jouer. C’est le minimum…
Le cours est basé sur l’écoute et la reproduction de l’écoute, orale avec le chant et écrite avec les dictées de notes, de rythmes, d’accords.
Lors de mes premiers cours, je ne parvenais pas à distinguer une quinte ascendante d’une quinte descendante. Par exemple je ne savais pas si le professeur jouait Do, Ré, Mi, Fa, Sol en partant du Do ou du Sol.
En fait il n’y avait pas que moi qui avait des difficultés… D’autres élèves qui entendent normalement en avaient aussi.
J’avais un professeur qui a très bien compris mon objectif et qui s’est investi pour me faciliter les choses qui m’a aidée à progresser.
Les dictées de notes au début étaient catastrophiques et peu à peu j’y suis arrivée. La musique demande de la concentration et le fait que je dois juste me demander si c’est une note plus aigüe ou plus grave que la précédente. Cela me facilite grandement mes réglages… Je sais exactement s’il me manque des graves, des aigües ou des médiums.
Les accords sont ce qu’il y a de plus difficile car il faut juger de la taille de l’écart entre deux notes, déterminer laquelle est la plus grave… lorsqu’il s’agit d’une octave (de Do grave à Do aigu par exemple donc 8 notes en comptant la première) ou d’une quinte (5 notes cela est possible de les repérer mais si le professeur joue une tierce ou une seconde (trois notes ou deux notes) : c’est difficile à distinguer.
Tout à l’heure je parlais de défi que l’on se pose à soi-même je voulais dire que je ne cherchais pas à « épater la galerie » en me lançant dans la pratique de la musique, je voulais juste essayer. Et si cela n’avait pas marché j’aurai arrêté sans aucun complexe. Quelque part c’était une revanche sur la surdité qui m’avait privé de bien des plaisirs. Mon père avait coutume de dire : « si tu veux enfoncer un clou, pose ton marteau et frappe le clou avec ta casquette, lorsque ta casquette est usée, change la et continue à essayer d’enfoncer ton clou. C’est comme cela que tu y arriveras dans la vie ».  
Le chant pendant le cours de solfège m’a permis de reproduire les fréquences que j’entendais et cela m’a aussi permis de rendre ma voix plus musicale. Lorsque mes enfants regardent des vielles cassettes vidéo de leur toute petite enfance, ils ne reconnaissent pas ma voix. En colonie de vacances nous chantions avecles moniteurs des ch    ansons d’Hugues Auffray, Michel Fugain, Michel Sardou et qu’est-ce que je chantais faux !!! J’ai toujours des problèmes de justesse, mais je progresse… Il faut que je prenne confiance en moi et que je fasse confiance à mes oreilles bioniques.
Depuis que j’ai commencé j’ai changé de niveau et je suis maintenant en troisième année de premier cycle. Il ne faut pas croire que les autres élèves qui eux ne sont pas implantés, entendent normalement n’ont aucune difficultés, c’est pour cela que je continue. Il ne faut pas oublier que je prends énormément de plaisir…
Comme instrument j’ai choisi le basson qui est le plus grave des instruments à vent puisque il se joue en clé de Fa. De plus c’est un instrument qui ne transpose pas les sons comme le font certains instruments (trompette, saxophone par exemple.) Là aussi j’ai un professeur génial et je progresse à mon rythme.
Un copain de lycée de ma fille, qui était avec moi en Solfège lui a dit : « elle est géniale ta mère moi j’y arrive pas et à chaque fois elle a juste ! Je ne sais pas comment elle fait !! »
Cet investissement permet de faire connaître la surdité et l’implant cochléaire à des personnes qui ne pouvaient parfois même pas concevoir ce que cela représente…

 

BONJOUR à tous,

pour ceux qui ne me connaissent pas encore, je m’appelle Martine Ottavi, je suis la secrétaire du Cisic et suis chargée de répondre au téléphone.

Il est vrai que l’on m’aurait dit avant mon implantation qu’un jour, je répondrais au téléphone pour l’association, je me serais dit « ils sont fous »
En effet, je suis devenue sourde très progressivement pendant une trentaine d’année. Et les 10 dernières années, ont été très difficiles.
J’ai été implantée en 2003 à Paris. Au début j’avais un Tempo + et maintenant je porte un Opus 2.
Oui, je téléphone mais ce n’est pas un miracle, pour cela il m’a fallu du temps, beaucoup de patience, et beaucoup de travail.
Tous les jours, j’écoutais la messagerie. Avec Yves (mon mari), je m’entrainais : il se mettait dans une pièce et moi dans une autre pièce chacun avec un téléphone portable pour tenter de converser.
Après être passée par des phases de désespoir, j’ai commencé à entendre des bruits, comprendre des mots, puis une phrase complète, mais je n’étais pas au bout de mes peines.
 Je surmontais mon angoisse en répondant à des personnes proches dont la voix m’était connue  et que je n’hésitais pas à faire répéter.
Si je ne comprenais toujours pas, je demandais de parler plus fort et lentement et en dernier lieu de reformuler la phrase.
Tout au début j’employais le kit  oreillette que l’on a avec chaque téléphone. Je le positionnais juste au niveau du micro de l’implant.
Lorsque j’ai eu la chance d’avoir l’opus 2  de Medel,  j’ai fait un grand bond en avant avec la boucle magnétique.
 

Quand Catherine m’a demandé de prendre le portable du CISIC j’ai dit oui tout de suite !
J’avoue que pour mes premiers appels, j’étais terriblement stressée, mais j’étais au calme, je positionnais bien mon portable sur la sortie du micro de mon implant et j’utilisais la boucle magnétique.
Malgré tout j’avais  encore des petits problèmes  avec des  personnes qui parlent comme une mitraillette.
Avant d’entamer la conversation je leur rappelle qu’au Cisic nous sommes tous implantés et qu’à cette vitesse j’ai beaucoup de mal à comprendre.
Je leur demande de parler doucement et distinctement.
Pour les noms, les adresses, j’ai peur de mal les comprendre, donc au début j’ai trouvé un bénévole de bonne volonté mon mari qui me servait de secrétaire, mais il n’était pas toujours là.
Donc maintenant c’est beaucoup plus simple je leur demande de m’adresser un sms avec ces informations.
Dans certaines situations  la compréhension reste quelquefois difficile par exemple lorsque des implantés se trouvent à proximité et parlent toujours bien fort !
Dans  le métro, je peux répondre uniquement lorsque je connais la voix.
 

En conclusion : Soyez patients, ne demandez  pas à un autre implanté le temps qu’il a mis, cela n’a aucune importance, nous sommes tous différents, le but c’est de progresser pour y arriver.
Quelques conseils : Lors de l’achat du téléphone, essayez le !  
Et employer une boucle magnétique qui améliore l’écoute ou bien positionner le téléphone sur le micro de l’implant.
Juste encore un petit mot, c’est bien connu, les implantés sont très bavards.
Je sais qu’après on va parler de la musique et je voulais moi aussi témoigner que lors de mon changement d’implant avec un medel  opus 2 j’ai eu le bonheur inespéré de retrouver le plaisir d’écouter des chansons que je pouvais enfin comprendre et apprécier.
Je vous souhaite une très bonne journée et si vous téléphonez au CISIC, parlez lentement car c’est moi qui vous écoute !

Qui n’a pas rêvé d’entendre en stéréophonie comme des normo-entendants ?

Bien sur il y a l’implantation bilatérale qui consiste à poser un implant dans chaque oreille. Mais cette solution n’est pas à la portée du plus grand nombre. En effet, elle dépend d’une décision médicale et nécessite une intervention chirurgicale.

Alors comment avoir une impression de stéréophonie avec un seul implant sans passer par le bloc opératoire ?

Un téléphone portable enfin accessible aux personnes portant un contour utilisant le mode "inductif" : Le téléphone portable Blackberry Bold 9 700 possède  un mode d'écoute s'intitulant : "Mode Appareil auditif".

Cet article donne des liens vers quelques listes de lieux publics sonorisés équipés d'un amplificateur de boucle magnétique.

Bien entendu, ces listes sont très loin d'être exhaustives ! Si vous connaissez d'autres listes ou bien des lieux équipée dans votre région qui ne figurent pas dans ces listes, merci de nous les indiquer !